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« Mon démon familier est le Chat Blanc, fait de clair de lune blanc brulant sous lequel
tous les complots secrets, tous les mensonges et les supercheries sont dévoilés par la
lumière du Chat Traqueur. On ne peut pas l’acheter. Empilez vos biftons jusqu’au plafond.
On ne peut pas lui faire peur. La peur est de la sournoiserie. Nous marchons sous
la bannière du Chat Traqueur.

Ce que j’entend par vérité : j’entend ce qui reste une fois que toutes les conneries ont
disparues. Plus un simple mensonge. Tous partis.
Et ce qu’il reste, s’il reste quelque chose, c’est la VERITE et les conséquences.

« Je ne voulais dire. »
« He, j’ai une grande gueule, merde, qu’est ce qui m’arriverais si je la perdais. »
Sacré vieux va. Cette comédie est disgracieuse.
« C’est arrivé. Tu l’as perdu. »
Le jour du menteur est fini.
La vérité est là quand tous les mots sont effacés.
Les mots ont été faits pour mentir.
(« J’irai rire avec ma femme. »)
D’ou que ca vienne c’était là.

Maintenant, mes frères et mes soeurs, ca ne se fait pas si vite ni si facilement. Vous trouverez
un mensonge en vous et vous le flanquez dehors, et trois autres plus rapides que
lui rappliquent. C’est quelque chose que vous devez faire chaque jour, a chaque heure,
chaque seconde.

Pistez ces mensonges. Le Chat Blanc fera le reste. Le Chat Traqueur.

(31 décembre 1996)
W. S. Burroughs


ERANCE PARANOÏAQUE EN EUROPE


« J’en viens à comprendre qu’en renonçant à mon environnement habituel je renonçais
à mon histoire personnelle ainsi qu’au cryptage de mes mouvement quotidiens et aux
garde-fous prétendument rassurants. J’élaborais les prémices de ma propre définition
du monde tel que je le concevais. Un endroit qui pourrait s’apparenter au monde intérieur.
Un endroit où il faisait bon se mouvoir, où les frontières s’étendaient ou s’effaçaient
: ni murs, ni limites, ni langage, ni peurs.
»

« La vitesse minimale requise pour lutter contre la force gravitationnelle de la terre est
de 11 km/s. Puisque les contraintes économiques nous interdisent l’accès aux fusées et
aux vaisseaux spatiaux, il nous faut apprendre à courir à toutes jambes si nous voulons
échapper à ce qui nous attend tous…
»

D. Wojnarowicz