Une importante partie des réfugiés syriens sont parqués dans des camps dispersés autour d’Antakya. Cinq ont rapidement été mis en place lorsque les premiers d’entre eux sont arrivés. Face au nombre croissant de réfugiés, le gouvernement turc a décidé de faire construire le camp de Kilis avec une capacité d’accueil de 20 000 places.

Les camps précédents été fait de tente et d’un simple grillage autour, ce derniers est composé de baraquement en plastique – deux pièces, une salle de bain, eau, électricité - et d’allée pavées, le conflit s’installe dans la durée. Une double enceinte de tôle surmontée de barbelés et des miradors l’encerclent. Tous les camps sont contrôlés par l’armée et la police turque.

Ceux qui ont assez d’argent pour louer un appartement et ceux qui peuvent être logés restent à Antakya ou Gaziantep. Là, les cafés et les restaurants servent d’arrière base à l’Armée Syrienne Libre (ASL) et à l’ensemble de l’opposition syrienne. Des opposants politiques, syriens ayant fui ou expatriés revenus, se réunissent pour organiser l’aide de l’autre coté de la frontière, la communication et la logistique de l’ASL.

Des hommes de l’ASL traversent la frontière pour se reposer, se faire soigner, rencontrer des journalistes ou des contacts politiques, tenter d’acheter des armes et du matériel. Combattants ou commandants militaires et politiques de l’ASL dans la région de Jisr al-Shughour, tous expriment, à peu de variations près, la même détermination – ils n’ont rien ou très peu, ont commencé une révolte par et pour eux même, demande de l’aide à la communauté internationale mais n’en attendent rien et savent qu’ils vont gagner car ils sont du coté de la justice – « We have no support but god ».

A ce moment de l’insurrection l’ASL est un nom auquel se rallient des groupes armés, organisés autour des grands centres urbains de la Syrie mais qui n’ont ni communication, ni action, ni politique commune.

Le 9 avril des tireurs embusqués du coté syriens ont tiré sur des réfugiés du camp de Kilis, situé à 300 mètres de la frontière. Officiellement, les autorités turques affirment qu’il y a eu quatre blessés, deux turcs et deux syriens. A l’intérieur du camp les réfugiés assurent qu’au moins deux réfugiés sont morts d’une balle dans la tête. Plus d’une vingtaine d’impacts de balle ont été recensés par les militaires sur les baraquements et l’enceinte du camp.

Pendant toute la nuit des tirs d’armes automatiques, puis de mortier se sont fait entendre aux abords de la zone. A 9 heures le matin du 10 avril, trois heures après la mise en application supposée du plan de paix de Koffi Annan, les détonations ont subitement cessé.