Pour la 5e année consécutive, les Entreprise sociales pour l’habitat se sont livrées aux regards des étudiants de l’Ecole nationale supérieure Louis-lumière. Avec pour thème de l’appel à projet. L’architecture au service du logement social, les ESH prenaient le risque de susciter des catalogues d’images propres et lisses sur le bâti social alors que l’objectif était tout autre, porter un regard neuf pour battre en brèche les représentations stéréotypées.

C’est dans l’exercice de cette dernière majeure que Pierre Adrien Brazzini a élaboré ce travail remarquable, un livre expérimental avec pour sujet le logement social. Son parti pris est simple : une entreprise sociale pour l’habitat, LOGIREM, un immeuble «Le Vallon des sablières» à Nice, trois intérieurs de locataires.

Cependant, il ne s’agit pas de reportage flatteur sur l’architecture sociale d’aujourd’hui au travers d’une adresse et d’une entreprise. Ce travail s’apparente à celui d’un explorateur, rigoureux, méthodique, analytique. Les façades, les jardins, les escaliers, les intérieurs des logements, les sous-sols, les parkings sont photographiés de plusieurs points de vue, les volumes sont éclatés en plusieurs facettes, comme une multitudes d’études sur le motif.

S’élabore alors le travail en laboratoire, recomposer les facettes les plus pertinentes pour la compréhension de l’espace et donner toute sa dimension à l’architecture, à l’habitat. La photographie aboutie analyse et compose dans un même mouvement l’espace d’un escalier ou d’un logement. Rien n’est écarté, le photographe prend tout pour tout redonner : le tuyau d’arrosage, l’issue de secours, la coupe de fruits, les torchons de la cuisine, les jouets des enfants, la télé et la pendule, les brosses à dents et les shampoings, le vide noir du parking… Il ne s’agit pas de photographier des d’appartements témoins mais des espaces habités.

Préface "Du lien architectural au lien social", édité par les Entreprises Sociales de l'Habitat, 2011