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En Birmanie, officiellement bouddhiste à 80 %, les croyances et superstitions antérieures à la “doctrine des
anciens“ restent très implantées. Les manifestations les plus frappantes de cette dévotion s’expriment lors
des cultes aux nat, des esprits, pour la plupart des êtres humains qui ont connu une mort violente. Il faut
se concilier leurs faveurs pour résoudre ses problèmes ou réaliser ses aspirations.
Anawrahta, fondateur du premier royaume birman unifié, a établi la liste des 37 principaux Nat. Il ne
pouvait mettre fin à ce culte malgré ses tentatives d’imposer le bouddhisme. Il a préféré les incorporer dans
la nouvelle religion d’état, créant un syncrétisme local, un panthéon célébré dans toute la Birmanie lors des
centaines de Nat Pwe.

Lors du Nat Pwe de Taung Byone, à vingt kilomètres de Mandalay, près d’un million de Birmans de tout le
pays se réunissent. Durant la première semaine de pleine lune du mois d’août ils viennent témoigner de
leur dévotion aux deux “frères musulmans“ : Shwe Hpyin Naungdaw (l’ainé) et Shwe Hpyin Nyidaw (le
cadet), nés de Byat Ta, un musulman et de Popa Medaw, une ogresse.

Les Nat accompagnent les birmans tout au long de leur existence et exigent d’eux l’accomplissement de
rituels fastueux et coûteux, selon des règles strictes. Les Nat ont le pouvoir de “manger l’âme“ des mortels
et aiment à chevaucher celles de leurs épouses, les nat kadaw ; un médium habillé en femme. Les
spectateurs offrent de l’argent pour s’attirer les faveurs des Nat. Les orchestres de musique traditionnelle,
saing waing, accompagnent les nat kadaw et les pèlerins dans la transe. N’importe qui peut se retrouver
possédé par un Nat ou être choisit par un médium possédé par un Nat pour danser avec lui, boire et fumer.